Attention aux conséquences du « Rectangle d'or »
Les milieux gouvernementaux et économiques
suisses et français veulent monter une énorme opération
de réaménagement du territoire transfrontalier axée
autour de l'aéroport de Genève.
Trois pôles de développement sont prévus :
Saint-Genis-Pouilly, Ferney/Meyrin/Prévessin, Aéroport-Lac.
Emprise totale des sites 300 à 400 hectares. Dans une première
étape, sur cinq à huit ans, construction de 150000
m2 de surface de plancher et 5000 emplois. Par la suite, entre
2010 et 2015, les investisseurs misent sur 500000 m2 de plancher
et 12 à 15000
emplois ! Les promesses n'engagent que ceux qui y croient...
Le pôle de développement Ferney/Meyrin/Prévessin serait axé sur des activités aéroportuaires avec en particulier l'extension du trafic de l'aviation d'affaires, la création d'un centre de maintenance pour ce genre d'avions, l'accueil de sociétés de transport de courrier, DHL et Federal Express semblent très intéressées, la construction d'un terminal pour l'aviation privée ! Pourquoi se gêner...
La nouvelle concession fédérale d'exploitation de l'aéroport n'est pas encore renouvellée et son nouveau règlement est encore loin d'être approuvé. Les multiples oppositions des communes et des riverains ne sont pas encore jugées.
La direction de l'aéroport et les autorités genevoises se gardent bien d'évoquer ces oppositions pour ne pas gêner les opérations de séduction mises en place pour attirer les investisseurs potentiels. En effet, ces derniers détestent les règlements qui limitent l'exploitation d'une plateforme aéroportuaire. Par exemple, les horaires de fonctionnement, le nombre de mouvements, les types d'avions, les trajectoires à moindre bruit, etc.
Il est fort heureux pour toutes les populations riveraines de l'aéroport que des communes suisses et gessiennes se soient regroupées pour ne pas accepter les conditions voulues par les milieux économiques gravitant autour du transport aérien.
Le pôle de développement de Saint-Genis
vise à relancer son Technoparc, qui n'arrive pas à
développer, et à créer le fameux projet de
la Cité de l'invisible dont le but est de vulgariser des
activités du CERN. L'objectif de ce parc thématique
est d'atteindre 350000 visiteurs par an.
Les investisseurs publics subventionneront son démarrage,
mais le chef de projet souligne qu'il faudra parvenir à
équilibrer l'exploitation ! Ce qui veut dire que les pertes
éventuelles seront à la charge des contribuables
suisses et français.
Il semblerait que les déboires financiers du parc thématique de Poitiers, le célèbre Futuroscope, n'ont pas suffit à calmer les ardeurs des promoteurs de cette cité de l'invisible. Rappelons que ce parc thématique a été créé et financé par le conseil général de la Vienne. C'est l'un des plus grand parc d'attractions de France. Depuis février 2000, il a été acheté par un groupe privé mais il est proche du dépôt de bilan car il a accumulé 22 millions d'Euro de pertes. Les propriétaires actuels veulent s'en débarasser. Une solution géniale vient d'être trouvée. Ce sont le Conseil général de la Vienne et le Conseil régional Poitou-Charentes qui vont reprendre le capital du Futuroscope de Poitiers et ce sont les collectivités locales qui seront chargées de sa gestion.
Les communes suisses et françaises et leurs administrés feraient bien de réfléchir avant de s'engager dans les projets mégalomanes du Rectangle d'or.
Il y a d'autres projets plus respectueux des finances publiques pour améliorer la qualité du cadre de vie des Genevois et des Gessiens par exemple : l'amélioration du trafic urbain et interurbain par l'implantation d'un réseau de transport rapide en site propre, la gestion de l'énergie, de l'eau, des déchets, la protection contre les nuisances sonores provoquées par le trafic aérien, le trafic routier, le trafic ferroviaire, la protection de l'air, des sols et des espaces boisés.
Nous estimons que texte suivant écrit
par un de nos adhérents, habitant à Ferney-Voltaire,
reflète bien les préoccupations de la population.
André Looten
Président de l'AGCNA 30.8.2002