SURVOLS ABUSIFS D’AVIONS COMMERCIAUX SUR LES ZONES HABITEES DU PAYS DE GEX

AGCNA André Looten Président

1er août 2005

Notre association vient de recevoir une lettre d’une personne habitant Saint-Genis-Pouilly qui se plaint des survols de gros avions décollant de Cointrin (Augmentation du trafic et altitude).


Hélas, cette situation n’est pas nouvelle et malgré nos réclamations et nos recours juridiques auprès des autorités fédérales, des avions commerciaux survolent toujours le Pays de Gex et en particulier, Saint Genis-Pouilly.


Notre dernier recours a été déposé à Berne, en juillet 2001, lors du renouvellement de la concession fédérale d’exploitation de l’aéroport. Une audience d’instruction, devant un juge fédéral s’est déroulée en octobre 2003 à l’aéroport même. Mais depuis, aucune décision sur notre recours. Dans nos mémoires, nous avons demandé la suppression des trajectoires survolant le Pays de Gex.et notamment celles qui tournent à droite à la hauteur de Meyrin. La seule amélioration que nous avons obtenue a été d’interdire ces trajectoires vers le Jura aux avions les plus lourds et les plus anciens.( classes de bruit I, II, III ).

En 2004, 10583 mouvements sont passés sur St Genis-Pouilly. De janvier à mai 2005 ce trafic était de 4636 mouvements.
Cette situation est intolérable puisqu’il existe une trajectoire officielle qui permet de survoler cette région à une altitude plus haute et par conséquent de moins gêner plusieurs dizaines de milliers de personnes, tout en préservant l’activité de l’aéroport
Nous montrons sur les cartes jointes les différentes routes aériennes:


* Très gênantes KONIL 1 D – KONIL 3 C – KONIL 2 J (carte no 1)


* Beaucoup moins gênante KONIL 3 A. (carte no 2)


Les routes KONIL 1 D – KONIL 3 C – KONIL 2 J amorcent le virage à droite vers Meyrin à une altitude de 1900 ft (tracé vert carte no 2). Cela correspond à une hauteur de survol de l’avion de 472 ft ou 144 m au début du virage. A la fin de celui-ci, quand l’avion survole Saint Genis-Pouilly, il se trouve à une altitude moyenne de 3400 ft (carte no 3, montrant les relevés d’altitude par radar.)


La route KONIL 3 A est droite jusqu’à la balise de Passeiry , la hauteur de passage sur cette balise est fixée à 7000 ft, c’est à ce moment que l’avion est autorisé à faire son virage vers la droite, puis à revenir vers le Nord-Est (tracé rouge sur la carte no1).
Quand il repasse à la hauteur de Saint Genis-Pouilly, il a encore gagné de l’altitude et il survole la commune à une altitude moyenne de 8500 ft, soit 5100 ft plus haut qu’avec les virages courts sur Meyrin.
Il est évident que cette route survole le Pays de Gex à une altitude beaucoup plus haute et, que par conséquent, elle provoque moins de bruit. Un calcul simple montre que la différence des niveaux de bruit pour ces deux trajectoires est de l’ordre de 15 décibels.


Sur la carte no 4, on peut voir les courbes de bruit concernant le trafic aérien total de 6 h à 22 h à Cointrin en 2003. On voit très bien l’influence des virages courts, après Meyrin, en direction du Jura, et l’augmentation du bruit sur le terrritoire du Pays de Gex.
Une diminution de 15 décibels conduirait à des niveaux de bruit résiduel d’environ 30 dBA sur St Genis-Pouilly.


POURQUOI MAINTENIR CES ROUTES DE DECOLLAGE AU-DESSUS DE SAINT-GENIS-POUILLY ?


Pour les exploitants de l’aéroport, il faut absolument que les avions qui décollent vers le Sud-Ouest tournent à droite le plus vite possible pour dégager l’axe de départ et permettre de rogner quelques minutes pour le décollage des avions suivants.
Pour certaines compagnies aériennes, la différence de consommation de carburant provoquée par ce virage après Passeiry n’est pas supportable ! + 12 NM...
Pour la direction de l’aéroport et les autorités genevoises, ces trajectoires courtes le long du Jura existent depuis la création de la grande piste et il n’y a pas de raison de modifier un système de routes aériennes qui donne entière satisfaction aux utilisateurs.
Avec le temps, les riverains français se sont habitués. Beaucoup d’entre eux, travaillent en Suisse ou même à l’aéroport. La règle « qui paie commande » est ici d’actualité et s’applique aussi aux exécutifs des communes riveraines qui sont d’une souplesse remarquable lorsque les intérêts de l’aéroport sont en jeu. Certains conseillers administratifs font partie du conseil d’administration de l’aéroport.


CES ARGUMENTS SONT INACCEPTABLES ET FALLACIEUX


* Une simulation de trafic faite par Swisscontrol en 1998 et 1999 pour évaluer la suppression des virages courts sur Meyrin a permis de démontrer que la perte de capacité de l’aéroport variait un peu selon les heures de départ mais, que sur une journée, il y avait une compensation et, qu’en définitive, il n’y avait aucune perte de capacité pour le trafic aérien.
La suppression de ces routes de décollages courtes au-dessus de Saint-Genis-Pouilly est donc techniquement possible, et elle est supportable sur le plan commercial.


Cependant, il fallait évaluer l’impact des nuisances sonores sur les populations.
La direction de l’aéroport demanda dans le courant de 1999, à un célèbre bureau technique de Zürich, très dévoué aux intérêts des aéroports, de faire cette analyse.
Hélas, en novembre 1999, suite à mes observations, le premier rapport fut refusé et ce refus fut confirmé par la commission consultative pour la lutte contre les nuisances du trafic aérien (CCLNTA) car il comportait des erreurs flagrantes.
En janvier 2000, ce bureau technique a remis à la direction de l’aéroport un addendum. rectificatif. Mais, il a fallu l’intervention de notre avocat, Me G. Page, pour que nous en soyons avertis.
La direction de l’aéroport fut alors contrainte de convoquer en urgence, le 23 octobre 2000, la sous-commission des trajectoires pour examiner cet addendum qui était resté bloqué dans ses tiroirs depuis le mois de janvier ! Finalement, ce ne fut que le 12 décembre 2000 que cet addendum fut mis à disposition de l’ensemble des commissaires de la CCLNTA. Ces derniers ont alors compris les réticences de la direction de l’aéroport car cet addendum montrait que par rapport à la trajectoire de décollage droite sur Passeiry, le virage à basse altitude autour de Meyrin exposait un plus grand nombre de personnes au bruit des avions.
Dans les zones 50, 55,60 Leq dBA, il y avait 3713 personnes gênées en plus ! Nos propres estimations fondées sur les chiffres de l’office cantonal des statistiques montraient que ce nombre était plus élevé et atteignait 8406 personnes sur le territoire suisse.
La trajectoire droite sur Passeiry est donc plus favorable à la protection du cadre de vie des Meyrinois et des Gessiens.

* La différence de consommation de carburant est minime et doit être mise en rapport avec la diminution de la nuisance sonore et de pollution de l’air sur toute une région habitée.
Quand il y a pollution, c’est au pollueur de prendre les mesures nécessaire pour diminuer ou pour stopper la pollution quand c’est possible et d’en supporter la charge.
* Les résidents du Pays de Gex sont gênés par ces décollages d’avions et ni eux, ni leurs autorités communales n’ont été formellement consultés sur ces routes aériennes .


Lors de la dernière réunion de concertation de la commission mixte franco-suisse qui s’est tenue à Gex, le 9 juin 2005, le Maire de St Genis-Pouilly, et nous même, avons redemandé la suppression de ces trajectoires vers le Jura et l’implantation d’une station de mesure du bruit à St Genis-Pouilly et à Prévessin-Moëns.

Monsieur le Préfet de l’Ain et les autres représentants du gouvernement français qui assistaient à cette réunion ont pris note des doléances des riverains mais quelles seront les résultats si les populations et leurs représentants dans le conseil municipal de St Genis ne soutiennent pas activement leur Maire et notre association ?


André Looten
Président AGCNA

 

28/08/05 HJS