La face cachée du projet de défrichement, déboisement et réaménagement de la forêt de Ferney-Voltaire


Il suffit de consulter la carte des obstacles officielle de l’aéroport de Genève, datée de Mars 2002, pour constater que dans le secteur français du bois de la Bagasse, 37 arbres dépassent la hauteur admise. Il faut remarquer que tous ces arbres sont situés largement à l’écart de l’axe de la grande piste. Les deux plus proches sont à 170 m de cet axe, l’éloignement moyen du reste est de l’ordre de 250 m. Ces arbres ne peuvent pas constituer un danger pour un avion qui atterrit dans les limites latérales du périmètre de l’aéroport en suivant le guidage du système d’atterrissage aux instruments (I.L.S) ou en pilotage à vue réglementaire.
Si, en raison d’une défaillance technique ou de pilotage, un avion quitte la trajectoire prescrite et survole à très basse altitude la forêt de Ferney- Voltaire on ne pourra pas imputer cette déviation de trajectoire aux arbres de cette forêt. La responsabilité d’un accident éventuel sera avant tout celle du pilote.
Examinons maintenant la situation de la carte des obstacles et des deux surfaces de sécurité situées dans les prolongements de la piste principale sur le territoire suisse. C’est évidemment au-dessus de ces deux surfaces que tous les avions atterrissent ou décollent. C’est donc là que les obstacles doivent être éliminés ou leur nombre réduit au minimum.
A notre grand étonnement, nous avons dénombré dans la région de Valavran-Bellevue : 75 arbres qui dépassent la surface de sécurité.
Quelle est la situation vers Meyrin ? 18 arbres dépassent la surface de sécurité.
Quelle est la situation vers Vernier ? 17 arbres dépassent la surface de sécurité.
Dans ces deux secteurs, 13 bâtiments dépassent la surface de sécurité. Même s’ils sont balisés de nuit, ils constituent néanmoins des obstacles massifs et des risques permanents autrement dangereux que les arbres de la forêt de Ferney-Voltaire !
D’un côté de la frontière, la direction de l’aéroport et l’Office fédéral de l’aviation civile exigent de la France l’application stricte de la convention de 1956 pour les servitudes aéronautiques sur une trentaine d’arbres, mais du côté suisse, dans les deux couloirs d’approche plus d’une centaine d’arbres dépassent les plafonds de sécurité et sont tolérés.
Voilà deux beaux exemples de sécurité à géométrie variable sur le même aéroport...
L’examen attentif de la carte des obstacles permet aussi de mettre en évidence la raison profonde de l’acharnement mis par la direction de l’aéroport et les autorités genevoises à diminuer l’emprise de la forêt de Ferney-Voltaire du côté de la grande piste et de la piste en gazon. Notons que cette piste secondaire, dite piste B, a la particularité de ne pas exister sur le plan de masse lié à la convention de 1956 !
Cependant, cette petite piste est exploitée, depuis près de 20 ans, par les pilotes de l’aviation légère et de l’aéroclub en particulier. Les autorités françaises disent l’ignorer malgré les doléances constantes exprimées par les résidents de Ferney-Voltaire, Ornex, Prévessin-Moëns. Si le gouvernement français demandait aussi l’application stricte de la convention de 1956, cette piste devrait être interdite, en tous cas, aux avions survolant la France.
Pour des raisons occultes, le gouvernement français tolère ce trafic aérien. Faudra-t-il qu’un avion léger s’écrase sur une école ou un immeuble du Pays de Gex pour que ce laxisme prenne fin ?
Actuellement, cette piste en gazon est coincée entre la grande piste et la clôture grillagée marquant la limite nord de l’aéroport. Il est évident que si le bois de la forêt de Ferney-Voltaire était défriché comme prévu, dans le prolongement de la piste gazon, l’utilisation de cette piste serait grandement facilité pour les pilotes d’avions légers et par la suite pour des petits avions d’affaires car n’oublions pas que les autorités cantonales genevoises, la direction de l’aéroport et les groupes de pression de l’aviation privée souhaitent toujours bétonner cette piste et la modifier selon leurs besoins. Ce défrichage, déboisement, réaménagement du terrain dans le prolongement de la piste gazon est un cadeau royal pour l’aéroport mais une calamité pour les riverains de Ferney-Voltaire placés directement sous l’axe de cette piste.
Nous souhaitons un sursaut de la population et des élus pour s’opposer à ce projet néfaste pour l’environnement et leur cadre de vie.
A.Looten


Président de l’Association Gessienne Contre les Nuisances des Avions
B.P 21
01280 Prévessin-Moëns
www.agcna.org